Article âą dimanche 25 octobre
1 Rois 8, 22-23, 27-30 / Ps 83 / 1 Pierre 2, 4-9 / Matthieu 16, 13-20 Chers frĂšres et sĆurs, Il y a trois questions Ă entendre ce matin, qui finalement nâen font quâune : la premiĂšre est celle de JĂ©sus Ă ses disciples : « au dire des gens, qui est le Fils de lâhomme ? ». La deuxiĂšme : « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Et la troisiĂšme est celle que nous pose cette cĂ©lĂ©bration de la dĂ©dicace de notre Ă©glise aujourdâhui : quâest-ce que lâEglise, et quâest-ce qui la fait tenir ? Trois questions qui se rejoignent et qui touchent Ă notre identitĂ© de chrĂ©tiens, Ă savoir la foi⊠en ce jour oĂč nous allons baptiser deux enfants au cours de la messe. « Au dire des gens, qui suis-je ? » : JĂ©sus commence par interroger ses disciples. « Certains disent que tu es Jean le Baptiste, dâautres Ălie, dâautres encore JĂ©rĂ©mie ou lâun des prophĂštes ». Autrement dit, JĂ©sus cherche Ă savoir ce quâon pense de Lui. Quâest-ce qui se dit dans les mĂ©dias ? Quelle image les gens se font de JĂ©sus ? Jâai regardĂ© la semaine derniĂšre des commentaires sur cette horrible journĂ©e du samedi 17 octobre : journalistes, hommes politiques, commerçants, syndicats, forces de lâordre, lycĂ©ens, casseurs ; ils ont tous pris la parole (la voix de lâEglise sâest faite plutĂŽt discrĂšte dans les grands mĂ©dias). Tout le monde parle ; tout le monde commente ; tout le monde a un avis. Les rĂ©seaux sociaux nous disent ce quâil faut penser avant mĂȘme que nous ayons pris le temps de rĂ©flĂ©chir. TF1 a dit ceci, CNews a dit celaâŠ. et les foules, quâen pensent-elles ? Au milieu de ce micro-trottoir assourdissant, JĂ©sus va passer Ă une deuxiĂšme question : « pour vous (vous qui ĂȘtes mes disciples) qui suis-je ? » JĂ©sus ne demande plus lâavis des foules et des mass mĂ©dia mais ce que ses disciples, eux, pensent personnellement. « Et toi, tâen penses quoi ? Quâas-tu compris ? Quâas-tu vĂ©rifiĂ© ? As-tu cherchĂ© la vĂ©ritĂ© ? Quâest-ce qui te permet de distinguer le vrai du faux ? » ; « Je nâen sais rien ! » ; « Câest un peu facile ; tu as le devoir de chercher la vĂ©ritĂ© » ; car (dit JĂ©sus) « Je suis venu dans le monde pour rendre tĂ©moignage Ă la vĂ©ritĂ© ; quiconque est de la vĂ©ritĂ© entend ma voix ». « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » sâexclame Pierre. Oui câest la bonne rĂ©ponse ! Mais il ne suffit pas de la donner, la bonne rĂ©ponse, il faut la vivre ; car reconnaĂźtre JĂ©sus comme le Fils de Dieu, cela nous engage. Avoir la foi, cela nous engage ! Le Pape nous lâa rappelĂ© lors de son passage en France : « lâhistoire de lâĂglise en France est immensĂ©ment riche (âŠ) LâĂglise a contribuĂ© Ă lâĂ©dification de votre Nation (âŠ) La parole de lâĂglise a toute sa place dans le dĂ©bat public en France ». Nâayez pas peur ; assumez votre foi, vous les Français ! Parce que, au nom dâun soi-disant « vivre ensemble » ou de je ne sais quelle mauvaise comprĂ©hension de la laĂŻcitĂ©, il faudrait se taire ? Non. Je suis chrĂ©tien, je crois en JĂ©sus-Christ et je porte une croix. Je suis prĂȘtre catholique et je porte un col romain dans lâespace public. Parce que parfois, on a lâimpression que lâĂglise devrait sâĂ©craser ou sâeffacer. « Est-ce que ma croix te gĂȘne ? câest pas grave, je la porte quand mĂȘme ! » ; « Est-ce que ma parole te gĂȘne ? Câest pas grave, tourne le bouton et change de chaĂźne ! » Et câest la rĂ©ponse de JĂ©sus dans lâĂ©vangile, sur notre 3Ăšme point, Ă savoir : quâest-ce que lâEglise ? « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bĂątirai mon Ăglise ». LâĂglise ne repose pas sur nos forces, ni sur un rĂ©gime politique particulier, mais sur notre foi. Je regardais une vidĂ©o sur Youtube, trois jeunes casseurs, le visage totalement dĂ©couvert, dĂ©complexĂ©s : lâun Ă Paris, lâautre Ă Marseille, et un autre Ă Lyon, fiers de se montrer et de prĂ©parer leur nouvelle journĂ©e de casse, en scellant ensemble une alliance, dite (je les cite) « des tĂ©nĂšbres ». Entre Paris et Marseille, ils ont rĂ©ussi Ă faire une alliance, bravo ! Mais câest une alliance de prĂ©dateurs, et si on nâarrĂȘte pas ces prĂ©dateurs, ils vont se dĂ©velopper comme de la rouille. Or, JĂ©sus le dit : « Si un royaume est divisĂ© contre lui-mĂȘme, ce royaume ne peut subsister » (Marc 3,24). « Pierre, sur cette pierre (et sur ta foi !), je bĂątirai mon Ăglise ; et la puissance des tĂ©nĂšbres ne lâemportera pas sur elle ». Câest ce qui explique que lâEglise tient depuis 2000 ans, alors que tous les Empires de lâhistoire se sont effondrĂ©s. Vous avez lâĂ©glise traditionnelle, lâĂ©glise qui domine avec son clocher au milieu du village, et vous avez lâĂ©glise qui ressemble Ă la CathĂ©drale Saint-Patrick dans la 5Ăšme avenue, Ă Manhattan (Ă New York) : un gigantesque Ă©difice Ă©crasĂ© au milieu des gratte-ciel, mais situĂ© au milieu de la citĂ©, au cĆur du monde, pour christianiser le monde moderne. On voit bien que lâhomme moderne, qui ne croit plus en rien, sinon dans son iphone ou dans sa libertĂ© de faire tout ce quâil veut, il ne sait plus ce quâil veut, parce que, au fond, quâest-ce que le monde lui sert aujourdâhui ? du videâŠ. Câest pourquoi, frĂšres et sĆurs, en ce jour oĂč nous fĂȘtons la dĂ©dicace de notre Ă©glise, lâacte par lequel cet Ă©difice a Ă©tĂ© consacrĂ© comme maison de Dieu, vous verrez que, malgrĂ© tout ce qui nous inquiĂšte dans ce monde, lâEglise va renaĂźtre, une nouvelle gĂ©nĂ©ration de chrĂ©tiens est en train de se lever, et nos Ă©glises vont se remplir de nouveau. Dans quelques instants, nous allons baptiser deux enfants. Le baptĂȘme, câest le sacrement de la foi (celle de Pierre), oĂč lâon plonge dans la mort et la rĂ©surrection de JĂ©sus pour renaĂźtre Ă une vie nouvelle. Soyons dignes de notre baptĂȘme, soyons fiers dâĂȘtre chrĂ©tiens. Pour cela, il suffit de dire la vĂ©ritĂ© quand tout le monde se tait ; de dĂ©noncer le mal et dâarrĂȘter nos mĂ©disances, de regarder lâavenir avec espĂ©rance, dâaider les plus fragiles, dâĂ©duquer nos enfants dans la droiture des commandements de Dieu et de prier pour ceux qui nous contrarient. >FrĂšres et sĆurs, dans un monde oĂč il nâest pas facile dâaffirmer sa foi, sommes-nous prĂȘts Ă assumer pleinement notre identitĂ© de chrĂ©tiens, sans honte ni peur, par nos paroles et par nos actes ? >Et Ă la question de JĂ©sus : « pour vous, qui suis-je », sommes-nous capables de rĂ©pondre comme Pierre « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ?
Voir les dĂ©tails â