Article • lundi 2 novembre
Nous fêtons aujourd’hui la Toussaint, la fête de tous les saints ; avec Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Saint Joseph, Sainte Marie – les statues que vous pouvez voir autour de vous ; avec Saint Hubert, le saint patron des chasseurs, qui a pris sa place dans notre église, et Saint Martin de Vertou (le saint patron d’Arzal) dont la statue sera dans le chœur de l’église l’année prochaine ; sans oublier Saint Jean-Baptiste et Saint Cornély, les patrons de notre chapelle à Lantiern. Mais si les saints du ciel devaient se limiter à ces statues, ce serait bien triste… car, dans la première lecture (tirée du livre de l’Apocalypse), il est question de 144 000 sauvés (12 x 12 x 1000 : les 12 tribus d’Israël et les 12 Apôtres qui représentent l’Eglise) + « une multitude, une foule immense, que nul ne peut dénombrer, de toute nation, tribu, peuple et langue ». Qui sont-ils ces saints ? des chrétiens ? des baptisés ? peut-être, mais pas que… le baptême, c’est passer par la mort et la résurrection du Christ, comme cette graine qui doit mourir pour renaître et porter du fruit. Nous aussi, nous devons mourir pour renaître et porter du fruit. « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux » : le baptême, c’est cette pauvreté du cœur qui consiste à faire mourir son ego et à délivrer son âme d’elle-même pour l’ouvrir au paradis. Le ciel est pour tous ceux qui sont capables de s’oublier eux-mêmes et donner leur vie comme le Christ. On peut être baptisé et ne pas aller au ciel, et on peut ne pas être baptisé et aller au ciel. Il nous appartient de dépasser ces concepts qui réserveraient le paradis à une certaine élite, dont nous ferions partie parce que nous sommes baptisés. Le peuple élu sera constitué de ceux qui accepteront de vivre ce détachement, cette mort à soi-même, qui fait vivre dans la vérité et la charité. Tout homme est enfant de Dieu dès sa naissance, nous sommes tous des enfants de Dieu. Alors, à quoi sert le baptême ? à nous faire réaliser pleinement ce que nous sommes, et à nous donner tout l’équipement surnaturel nécessaire pour vivre en enfants de Dieu (aimer son prochain, suivre le Christ). Parler de l’Au-delà n’est pas morbide, au contraire. Il n’y a rien de plus puissant pour donner un sens à sa vie que de regarder l’Au-delà. Si j’ose contempler l’Au-delà, je découvre un sens à ma vie. Combien de personnes ai-je accompagnées en fin de vie qui ont accepté leurs souffrances et leur épreuve grâce à cette perspective du ciel. Une personne qui a la foi et qui va mourir, peut quitter ce monde dans une paix profonde grâce à cette perspective du ciel. Combien ont changé de vie simplement par cette perspective du ciel ? L’autre jour, j’ai emmené ma sœur fêter ses 40 ans sur une vedette jaune. Vous savez la formule « restaurant, croisière » sur la Vilaine. On est parti d’Arzal et on a été jusqu’à Folleux. C’était magnifique : on était installés à une table au milieu du bateau avec de grandes fenêtres vitrées, le spectacle était somptueux ; j’ai vécu trois heures de « paradis ». J’ai déconnecté mon portable et internet, et mon esprit a oublié mes soucis, mes projets et mes paroissiens… On est sorti sur le pont avec ma sœur, installés dans un transat, on a siroté un cocktail en admirant le paysage. On était comme « hors du temps ». Le plus beau n’était pas le paysage ni le bon repas, mais c’était d’être avec ma sœur. C’est beau la famille : une expérience du ciel en miniature. Et je suis sûr que vous aussi, pendant vos vacances en famille, vous vivez quelque chose de comparable. A condition de dépasser ces moments qui parfois sont vécus de façon un peu plate et profane (on mange, on boit) pour découvrir ce qui sera un jour notre expérience éternelle. Il n’est pas nécessaire d’aller sur une vedette jaune ou d’aller aux Seychelles : on peut simplement s’asseoir dans son jardin et admirer la nature ; être en famille et admirer ses enfants… En fait, le ciel est à portée de main, le paradis est très proche, c’est un « art de vivre ». Quand vous regardez les informations dans les médias aujourd’hui, c’est l’inverse : c’est l’enfer. On nous parle d’une dette du pays qui ne veut plus rien dire tellement les chiffres sont grands, d’une colère qui gronde dans les rues d’un pays qui est en train de s’effondrer, des dirigeants qui semblent vivre dans un autre monde, donnant l’impression de ne pas savoir à quoi ressemble la vie des gens ordinaires. La cause de tout cela, c’est que notre société ne croit plus en rien, elle n’a plus la foi, elle perd son âme. Alors, on a envie de crier : « Seigneur montre-toi, interviens ! ». « Il enlèvera le voile de deuil et le linceul qui couvrait toutes les nations » dit le prophète Isaïe. La foi, l’espérance, c’est cette certitude qu’un monde nouveau viendra, que le Seigneur détruira un jour la mort pour toujours ; il n’y aura plus de mort. En attendant, devenons des saints et prions pour nos morts. Certains saints (comme le Padre Pio et Sainte Faustine) ont fait l’expérience de recevoir la visite d’âmes du Purgatoire, qui ne sont pas habituellement autorisées à parler aux vivants ; elles peuvent cependant apparaître pour nous demander de prier pour elles. On ne sait pas où sont nos défunts : au ciel, au Purgatoire... C’est pourquoi il est si important de prier pour nos défunts, de leur offrir des messes plutôt que des fleurs. Frères et sœurs, demandons de l’espérance pour tous ceux qui n’en ont plus. Essayons de semer autour de nous, en nous, cette bonne nouvelle du salut, car on ne peut pas attendre le ciel d’une manière béate, il faut le construire ce paradis, il sera autant l’œuvre de Dieu que la nôtre. La vie éternelle, ça se prépare dès maintenant. >Seigneur, aide-nous à croire au ciel, à désirer le ciel, et à nous engager pour devenir les nouveaux saints dont notre pays et notre monde ont tant besoin. Amen
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